Henri MICHAUX. Leurs secrets en spectacle. Sans lieu ni date [1955-1956 ?]. Dactylographie signée, 15 pages in-4.
Dactylographie signée, avec corrections et biffures autographes. Compte-rendu littéraire et métaphorique d’un art pictural né d’une aliénation mentale ou la fascination de Michaux pour l’état de démence. Entre descriptions faussement objectives et commentaires poétiques, Michaux se confronte à quinze peintures réalisées par des schizophrènes internés, comme autant de visions apocalyptiques. Une chienne met au monde un enfant d’homme, que deux sages-femmes, vivement appelées, lui tirent de dessous la queue. Le nouveau-né, tout de suite, tête haute, nul doute que bientôt il va se mettre à parler, à ordonner, homme à qui il faudra remettre les clefs de la maison, les clefs du monde, les clefs de sa vie. Cependant un grand parasol ensanglanté s’ouvre dans le ciel et laisse tomber des gouttes, qu’avec des mines d’anges, quelques dévots vont recueillir dans des calices. Mais l’ange en eux est complétement faux, faux et bêta, ange au menthol. Sept oiseaux sont en l’air, volant tête en bas, terriblement en bas et pattes raides […]. Le dernier feuillet, signé, propose en sous-titre éventuel : “écrit sur quelques dessins d’hommes singuliers enfoncés dans leur problème” ; sous-titre qui sera modifié en “peintures d’aliénés” au moment de la première publication de ce texte dans les Lettres Nouvelles en décembre 1956. Ces quinze “secrets” furent repris dans le recueil Vents et Poussières, édité par Karl Flinker en 1962, puis dans Les Ravagés en 1976. (Imbert, nº 197.)