(Manuscrit) – Ferdinand BAC. Souvenirs sur Alexandre Dumas Fils 1882-1890. 3 pp. in-4.
« Une partie de la vie de Dumas Fils était consacrée au Théâtre, une autre à l’antiquaille. Les commissaires priseurs n’avaient pas de meilleur client que lui… Lorsque je descendais de mon logis de la rue des Martyrs… j’entais presque chaque jour à l’Hôtel Drouot où je rencontrais Dumas fils et Mr Groult, souvent dans l’enceinte privilégiée à côté du commissaire. Dumas sans parti pris, en dehors de la qualité, achetait statuettes tableaux bibelots qu’il entassait chez lui… Finalement les toiles des maîtres échouaient contre un pied de chaise… Un de ses luxes était son papier à lettres, bleu azur de préférence… La Russie était inséparable de ses souvenirs, par ses séjours et son premier mariage… Dumas ne dissimulait pas une espèce de verve intarissable quand il parlait de l’aristocratie qui gravitait autour du tzar et de l’appareil impérial. Il avait une conception trop solide de notre morale qui n’est ni aristocratique ni bourgeoise pour ne pas ironiser sur l’emploi que ce monde faisait de son temps et de son argent… Mon père, disait Dumas, affirmait que les voyages formaient la jeunesse, mais ajoutait-il : « il s’agit de ne pas faire de mauvaises rencontres… Oh ! je ne parle pas des rencontres qu’on peut y faire des demoiselles. Il y en a de fort bonnes dans tous les pays… » Ferdinand Bac (1859-1952), écrivain, illustrateur, caricaturiste, paysagiste, qui serait le petit-fils de Jérôme Bonaparte, avait tous les talents. Homme aimable et raffiné, intime de l’impératrice Eugénie, il avait sa place à la table de toutes les personnalités du temps qu’il croqua dans de multiples dessins qui font encore la joie des collectionneurs.