Alexandre DUMAS. 2 ouvrages de voyage.
- L’Espagne, le Maroc et l’Algérie. Bruxelles, Alph. Lebègue, 1848-1849. 12 volumes in-16, brochés, couvertures imprimées. Contrefaçon belge, l’originale a paru à Paris chez Delloye-Garnier en 1846 sous le titre De Paris à Cadix . Invité au mariage du duc de Montpensier à Madrid le 10 octobre 1846, Dumas accompagné de son fils, de Maquet, du peintre Louis Boulanger, d’Adolphe Desbarolles et d’Eugène Giraud, se lance dans un périple de deux mois à travers l’Espagne qu’il raconte sous forme de lettres à une femme, sans doute Delphine de Girardin. La Presse en imprimera des fragments avant sa parution en volume. - Le Véloce ou Tanger, Alger et Tunis. Bruxelles, Alp. Lebègue 1849-1851. 11 volumes in-16, brochés, couvertures imprimées. Contrefaçon belge. L’édition originale a paru à Paris chez Cadot. Cet ouvrage fait suite à De Paris à Cadix. Le Véloce est le nom de la corvette mise à la disposition de Dumas par Salvandy, ministre de l’Instruction publique, qui lui avait demandé de traverser la Méditerranée pour écrire ses impressions sur l’Algérie afin de faire connaître ce pays aux Français et de populariser ainsi sa colonisation afin qu’industriels et colons s’y précipitent. Le voyage eut lieu de la fin novembre 1846 au début janvier 1847. Le Véloce portait très mal son nom et si « c’était un beau et brave bâtiment […] se comportant à merveille par un gros temps, sachant, grâce à l’expérience de son équipage, se tirer d’un mauvais pas, […] il avait une chaudière trop petite pour sa taille, un mouvement trop faible pour sa corpulence ; enfin, ce n’était aucunement la faute du Véloce s’il était mauvais marcheur. » Tout mauvais marcheur qu’il était, il emmena Dumas d’abord au Maroc puis, toujours vaillant, jusqu’en Tunisie pour terminer en Algérie. Cette mission ne fut pas du goût de tout le monde, et au retour de Dumas, lors d’une séance houleuse à la Chambre, des explications furent demandées au gouvernement pour avoir chargé un « entrepreneur de feuilletons » d’une mission officielle. Le récit prend également la forme de lettres adressées à une dame. Dumas s’attache à décrire les beautés des pays qu’il découvre, recueille de nombreuses anecdotes locales, revient sur la récente conquête d’Alger par les Français, se livre à une étude « anthropologique » des différentes populations locales. Écrivant une œuvre de propagande, Dumas oublie qu’il a été un défenseur de la liberté des peuples, et si son livre intéresse encore aujourd’hui, c’est comme un témoignage du regard des Français sur leur droit de conquête. Couvertures usées avec manques parfois importants Dumas dans un rôle inattendu, celui de propagandiste de la politique coloniale française.