Résultats records pour la dispersion d'une belle collection d’orfèvrerie
La maison Leducq présentait le 29 avril 2026 une collection d’orfèvrerie constituée par un antiquaire de la rue de Lille. Parmi les 241 lots, une aiguière en argent du milieu du XVIIIe siècle retrace à elle seule l’histoire du goût et des collections.
La vente du 29 avril 2026 consacrée à la collection d’un antiquaire de la rue de Lille a confirmé l’intérêt des amateurs pour l’orfèvrerie de qualité. Les résultats obtenus par plusieurs pièces en sont la démonstration. Un étui à cigarettes en or, estimé entre 8 000 et 10 000 euros, a trouvé preneur à 17 200 euros. Un calice en cuivre doré, présenté avec une estimation de 2 000 à 3 000 euros, a atteint 15 000 euros. Une aiguière en argent, pièce centrale de cet ensemble, a quant à elle vu son estimation de 4 000 à 6 000 euros dépassée pour atteindre une adjudication de 25 000 euros.
Une aiguière rocaille par Jean-Baptiste Valot
Le lot n°180, cette aiguière en argent, est une pièce caractéristique du style rocaille qui s’épanouit sous le règne de Louis XV. Elle fut réalisée à Paris entre 1750 et 1752 par le maître-orfèvre Jean-Baptiste Valot, reçu en 1742. Sa forme balustre repose sur un pied à contours, tandis que le corps, le bec verseur et le couvercle sont animés par une ciselure de coquilles déchiquetées, de rocailles, de frises de roseaux et d’enroulements feuillagés. L’anse en console reprend ces mêmes motifs, complétés de feuilles d’acanthe. La richesse de cet ornement et la qualité de son exécution expliquent l’intérêt soutenu des enchérisseurs.
Les armoiries d’une alliance du XIXe siècle
Au-delà de ses qualités plastiques, l’objet porte les traces de son histoire. Un cartouche gravé sur son corps révèle des armoiries d’alliance, celles d’Aimé du Bosc de Radepont (1810-1889), marquis de Radepont et officier d’état-major, et d’Anne-Louise Collot (1806-1859), fille du directeur de la Monnaie de Paris, Jean-Pierre Collot. Ces armoiries furent ajoutées après leur mariage, célébré le 28 février 1837, soit près d’un siècle après la création de l’aiguière. Elles sont accompagnées de la devise familiale : « Victoria plus qu’un lion ».
La mémoire des ventes passées
La provenance de l'aiguière a pu être retracée sur plus d’un siècle, ajoutant à sa valeur un pedigree documenté. Elle figure en avril 1919 dans la vente Hoentschel à Paris, sous le numéro 69, où elle est probablement acquise pour 11 000 francs. Elle intègre ensuite la collection Saint, avant d’être à nouveau présentée aux enchères lors de la dispersion de cette dernière le 22 juin 1955, à l’Hôtel Drouot. Le parcours de cette pièce illustre comment un objet d’art traverse le temps, se chargeant de l’histoire de ceux qui l’ont possédé.



