Adjugée : Ford Comète 1953, une création FACEL
Le 19 février dernier, une Ford Comète de 1953 a été adjugée 15 700 € par notre maison de ventes. Provenant de l'ancienne collection de Philippe Charbonneau, ce coupé V8 illustre une collaboration prestigieuse de l'automobile française, celle de Ford SAF et de l'ingénieur Jean Daninos.
Un coupé de prestige dans la France d'après-guerre
Au début des années 1950, le paysage automobile français se relève à peine de la guerre et les modèles de grand luxe se font rares. C'est dans ce contexte que Ford SAF, la filiale française du constructeur américain, décide de proposer une alternative élégante à sa berline Vedette, présentée en 1948. Le projet est de créer un coupé haut de gamme, capable de rivaliser avec les meilleures productions étrangères.
Pour la carrosserie, Ford se tourne vers l'un des plus grands spécialistes français : la société FACEL-METALLON. Le résultat est la Comète, une automobile aux lignes pures et équilibrées, animée par un moteur V8 qui lui confère une place à part sur le marché.
La griffe de Jean Daninos et de FACEL
Le dessin de la Comète est l'œuvre de Jean Daninos, ingénieur et fondateur de FACEL (Forges et Ateliers de Constructions d'Eure-et-Loir). Avant de devenir un constructeur à part entière avec la célèbre Facel Vega en 1956, son entreprise était un sous-traitant de premier plan pour l'industrie automobile et aéronautique.
Pour les lignes de la Comète, Jean Daninos puise son inspiration dans les réalisations des établissements italiens Farina, alors à l'avant-garde du style. Il en retient une grande sobriété, une ceinture de caisse haute et un pavillon tout en finesse. Cette élégance discrète distingue la Comète de nombre de ses contemporaines.
Une production confidentielle
Produite de 1951 à 1955, la Ford Comète ne connaîtra qu'une diffusion limitée. Seuls 3054 exemplaires sortiront des ateliers, toutes versions confondues. Cette rareté en fait aujourd'hui une automobile particulièrement recherchée par les collectionneurs. Le catalogue de la vente le soulignait : une Comète est aujourd'hui « beaucoup plus rare qu'une 300SL ».
L'histoire d'un exemplaire
Le modèle présenté à la vente, portant le numéro de série 1159, possédait une histoire documentée. Il provenait en effet de l'ancien Musée de l'Automobile Française de Villiers-en-Lieu, constitué par le collectionneur Philippe Charbonneau.
Conservé pendant plus de trente ans au sein de cette collection, cet exemplaire affichait 87 000 kilomètres au compteur. Proposé avec une estimation de 15 000 à 20 000 euros, il a été adjugé 15 700 euros, confirmant l'intérêt des amateurs pour cette page de l'histoire de la carrosserie française.



