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Achille Wildi (Pesaro 1902-1975 Pesaro) Léda Huile sur toile 60 × 120 cm Signé en bas à droite (Accident, restauration, déchirure) Achille Widli, l’inclassable Né à Pesaro le 20 février 1902 et mort dans cette même ville en mars 1975, Achille Wildi occupe une place singulière dans l'histoire de l'art italien du XXe siècle. Longtemps demeuré dans l'ombre des grands noms de la céramique italienne moderne, il apparaît aujourd'hui comme l'une des personnalités les plus originales issues de la prestigieuse école de Pesaro. À la fois peintre, céramiste, dessinateur, illustrateur et voyageur, Wildi développa durant plus d'un demi-siècle une œuvre protéiforme, profondément enracinée dans la tradition artisanale italienne tout en demeurant ouverte aux influences artistiques européennes et américaines. Sa carrière se distingue par une mobilité exceptionnelle : Pesaro, Faenza, Venise, Bassano del Grappa, Paris, Milan, Saint-Marin, Haïti, New York constituent autant d'étapes qui nourrirent une œuvre d'une remarquable diversité. Cette trajectoire cosmopolite, relativement atypique pour un artiste issu du monde de la céramique italienne, explique la richesse de son langage plastique ainsi que les difficultés rencontrées par l'historiographie pour en proposer une lecture unifiée. Wildi naît dans une ville qui, depuis la Renaissance, constitue l'un des centres historiques de la majolique italienne. Très jeune, il entre à la manufacture Molaroni, l'une des plus prestigieuses fabriques de céramique de Pesaro. Il y acquiert les bases techniques du modelage, de l'émaillage et de la décoration. Il rejoint rapidement la Manufacture Artistique Pesarese dirigée par le grand maître Ferruccio Mengaroni, figure majeure du renouveau de la céramique italienne du début du XXe siècle. Wildi considérera toujours Mengaroni comme son véritable maître. Cette formation est déterminante : elle lui transmet non seulement une maîtrise exceptionnelle des techniques traditionnelles, mais aussi une conception de la céramique comme art majeur, capable d'égaler la peinture dans sa puissance expressive. Dès le début des années 1920, Wildi est reconnu comme un technicien particulièrement habile. Il maîtrise les techniques de reproduction des majoliques de la Renaissance avec une virtuosité rarement égalée, tout en développant progressivement un vocabulaire décoratif personnel. En 1920, il s'installe à Faenza, autre capitale historique de la céramique italienne. Il travaille successivement pour les manufactures Minardi puis Faventia Ars, deux établissements particulièrement innovants qui cherchent à renouveler les arts décoratifs italiens. En 1922, avec les frères Enzo et Giuseppe Fiumi et le soutien financier de Napoleone Grandi, il fonde la manufacture Nuova Ca' Pirota. Cette expérience entrepreneuriale témoigne déjà d'une ambition dépassant le simple statut d'artisan : Wildi souhaite élaborer un langage artistique autonome conciliant excellence technique et recherche esthétique. L'entreprise ne survivra cependant que quelques années, révélant les difficultés économiques auxquelles se heurtent les manufactures indépendantes de l'après-guerre. Après plusieurs expériences manquées à Venise puis à Bassano del Grappa, et Pesaro, Wildi quitte l'Italie en 1929 pour Paris. Ce séjour, qui dure près d'une décennie, constitue probablement le tournant majeur de sa carrière. La capitale française représente alors le principal foyer artistique mondial. Même si les sources documentaires demeurent lacunaires concernant ses fréquentations exactes, il est évident que Wildi découvre les grands courants figuratifs modernes, l'École de Paris ainsi que les développements du post-impressionnisme, du réalisme poétique et de certaines recherches expressionnistes. Durant cette période, la peinture prend progressivement le pas sur la céramique. Son dessin gagne en liberté, sa palette s'enrichit et son intérêt pour les paysages urbains, les scènes populaires et les portraits s'affirme. Cette évolution marque une rupture importante : Wildi cesse d'être uniquement un maître céramiste pour devenir un véritable peintre. En 1940, il séjourne à Milan avant de revenir définitivement à Pesaro l'année suivante. Il reprend alors sa collaboration avec Molaroni tout en ouvrant un atelier de peinture. Entre 1951 et 1954, puis surtout en 1955, Wildi entreprend plusieurs voyages à Haïti et aux États-Unis dans le cadre des activités commerciales de la manufacture Marmaca. Ces déplacements donnent naissance à l'une des parties les plus remarquables de son œuvre : une série de cent soixante-cinq grandes planches illustrant le voyage américain. Longtemps demeuré inédit, cet ensemble constitue aujourd'hui l'un des sommets de sa production graphique. Ces dessins associent l'observation ethnographique, le reportage, la satire sociale et une narration continue