Caprice d'architecture néoclassique, possiblement l'intérieur de l'église Sainte Geneviève
Huile sur toile Signé et daté, en bas à droite (date difficile à déchiffrer, vraisemblablement) : 1787
Œuvre 210 × 151 cm
- Possiblement commandé à l'artiste par Antoine, 8e duc de Gramont (1755-1836), - puis, très vraisemblablement par descendance, jusqu'à Armand, 12e duc de Gramont (1879-1962), - transmis à son dernier fils, comte Charles de Gramont (1911-1976), - par héritage, à sa belle-fille, jusqu'à aujourd'hui.
Notre tableau est à ce jour l'exemple le plus monumental de l'art de Demachy, vraisemblablement réalisé l'année suivant sa nomination comme professeur de perspective à l'Académie Royale de Peinture. Cette vue rappelle la maîtrise de l'artiste non seulement pour l'exactitude de ses architectures mais aussi pour son aisance dans la pose de la lumière sur la pierre sculptée. Demachy nous place dans une temporalité difficile à cerner. En effet, l'architecture semble très inspirée des projets initiaux des deux grands monument religieux néoclassiques en gestation : l’église de la Madeleine, de Contant d’Ivry, et l'église Sainte-Geneviève, de Soufflot. Le peintre connaissait bien ces chantiers, ayant produit une vue projetée de l'un (Paris, musée Carnavalet, inv. P. 85) et documenté la pose de la première pierre de l'autre (Paris, musée Carnavalet, inv. P. 1931). Le premier plan à droite, toutefois, rompt l'impression générale de quiétude et d'équilibre avec une masse d'éléments architecturaux qui semblent avoir chu, dans le goût de la ruine. Est-on témoin de la gloire d'une église néoclassique flambant neuve ou d'un glorieux monument antique, récemment atteint par les attaques du temps ? Les figures aussi, entretiennent la confusion : tandis que les costumes des trois figures féminines du centre de la composition suggèrent qu'il s'agit de femmes du XVIIIe siècle, les autres figures sont clairement antiques, notamment le soldat et sa lance situé à droite. Notre tableau, découvert chez les héritiers du comte Charles de Gramont (1911-1976), appartient possiblement à un groupe d'oeuvres commandées directement à l'artiste par l'aïeul de ce dernier, Antoine, 8e duc de Gramont (1755-1836). Les liens entre le duc et le peintre sont attestés par une mention dans le livret du Salon de 1773, où Demachy expose notamment "un tableau d'architecture, orné de figures & d'un embarquement d'animaux, éclairé du soleil couchant" et un "tableau de ruines d'architecture", provenant "du cabinet de M. le duc de Grammont".