Jules-Claude Ziegler (1804-1856)
Le prophète Daniel Huile sur toile 53.5 x 74 cm Le prophète Daniel dans la fosse aux lions a été présenté par Jules-Claude Ziegler au Salon de 1838. Face au succès de ce tableau l’artiste a réalisé plusieurs versions réduites de cette œuvre dont celle que nous présentons. Jules-Claude Ziegler (1804-1856) a obtenu un doctorat en droit, avant d’entrer à l'École des beaux-arts de Paris. Il devient l'élève de François-Joseph Heim (1787-1865) et de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Révélé au Salon de 1833, il bénéficie du programme de décoration impulsé par Louis-Philippe. Il est encore célèbre aujourd’hui pour son chef-d'œuvre, la fresque représentant L'Histoire du christianisme réalisée entre 1835 et 1838 pour la coupole de l'église de la Madeleine à Paris. Ziegler délaisse temporairement la peinture pour se consacrer à la céramique. En 1839, il fonde la manufacture de Voisinlieu dans l'Oise, produisant jusqu'en 1843 des vases en grès salé aux décors floraux. Il participe également à l'émergence de la photographie, li fait partie des membres fondateurs de la Société héliographique. Il achève sa carrière en tant que conservateur du musée des beaux-arts de Dijon Le prophète Daniel dans la fosse aux lions est exposé au moment où Louis-Philippe inaugure la Galerie espagnole, l'œuvre frappe les critiques par ses réminiscences ibériques. Le journaliste Frédéric Mercey compare ainsi le prophète Daniel à un « moine de Zurbarran francisé » et note que la grâce de l'ange rappelle l'art de Murillo (Frédéric Mercey, « Salon de 1838 », Revue des Deux Mondes, tome 14, 1838, p. 387-388). Théophile Gautier quant à lui a particulièrement loué la « fidélité zoologique » des lions, peints avec des muscles puissants et des regards intenses. Mais il a surtout été subjugué par la figure de l'ange protecteur, le qualifiant de « plus heureuse création du peintre » (Théophile Gautier, Portraits contemporains : littérateurs, peintres, sculpteurs, artistes dramatiques, Charpentier, 1874, p. 273). Le tableau est aujourd’hui conservé au musée des Beaux-Arts de Nantes. Une autre réplique autographe de formats réduit comme celle que nous présentons est conservée au musée de Langres.
Le tableau est en bon état. La toile a été retendue sur son châssis avec des bandes de toiles. Des patchs sont visibles au verso. La couche picturale est en bon état. Elle ne présente ni manque, ni soulèvement. Un léger degré d’usure généralisé est visible ainsi qu’un fin réseau de craquelure. L’observation à la lampe UV révèle la présence d’un vernis irrégulier. De nombreux repeints de faibles et moyenne importants sont visibles.