Réunion de deux cartes figurant des relevés d'itinéraires topographiques manuscrits, l'un concernant
la route de Mong Tzé à Man Hao, la seconde celle de Man Hao à Long Fo via Sin Kai. Tonkin, vers 1890. Cartes manuscrites à l'encre noire, bistre pour le relief, route en rouge, rivière en bleu, la première sur toile calque dite aussi toile à tracer (tracing cloth) la seconde sur papier calque simple. Dimensions: 107x38 cm et 76x58 cm. (Traces de pliures, quelques déchirures ne touchant pas le graphisme, rousseurs, quelques trous au calque). Précieux témoignages cartographiques précoces de la topographie de la province du Yunnan et du Haut Tonkin, réalisés quelques années seulement avant la construction du chemin de fer financé par la France pour relier l'actuel Nord du Vietnam à la Chine du Sud. La concession est obtenue en 1898 avant le début des travaux de la mythique ligne de l'Indochine et du Yunnan de 1903 à 1910. Les deux relevés figurent le tracé de la frontière Nord du Tonkin, à Man Hao, jusqu'à Mong Tzé, le long du fleuve Rouge. L'ascension de Man-Hao à Mong-Tze, s'élevant à près de 2 000 mètres, est parfois désignée sous le nom de « route des dix mille marches ». Il s'agissait d'un sentier muletier amélioré par des escaliers, dont l'entretien et la planification résultaient des dispositions du traité de Tien-Tsin du 9 juin 1885 et d'une convention de commerce additionnelle du 26 juin 1887 qui désigne nommément la ville de Mong-Tzé et le port fluvial de Man-Hao comme les bureaux de douane et les points d'entrée officiels pour le commerce français vers l'intérieur de la Chine. Pour que les marchandises françaises arrivant par le fleuve Rouge à Man-Hao puissent être acheminées sur le plateau du Yunnan jusqu'à Mong-Tzé, la piste muletière des « dix mille marches » était le seul point de passage. Devant la dangerosité et la verticalité du sentier, la Chine s'est engagée par convention douanière et commerciale à réaliser des travaux d'aménagement afin de permettre le transit des caravanes de commerce françaises. La construction de la célèbre ligne de chemin de fer règlera définitivement les difficultés liées à cette route escarpée dont témoignent ces deux relevés précédant son édification.
Bon état général malgré d'inévitables traces de manipulation et marques du temps normales pour son âge. Le papier est globalement jauni et insolé, présentant quelques rousseurs et petites taches éparses. De multiples marques de pliures sont visibles sur l'ensemble du document, avec de petites fentes et d'infimes trous aux intersections. Quelques légères usures sur les bords