Pierre de MASSOT. Mon corps, ce doux démon. Sans lieu ni date [Alès, PAB, 1959]. In-8, demi-box noir, dos lisse, plats de feuille de bois encadrés d'un listel de box noir, décor mosaïqué de papier en trois tons, non rogné, tête dorée, étui (J.P. Miguet, 1964).
Édition originale. Tirage unique à 55 exemplaires hors commerce (n° 34). Portrait de l'auteur par Jacques Villon, gravé sur cuivre, signé. Pierre de Massot (1900-1969) sous forme de confession intime. Ce livre, dit l'achevé d'imprimer, a été "écrit en 1932 dans le port de Cannes sur le yacht de Francis Picabia." On a relié en tête cinq lettres adressées à Pierre de Massot à propos de Mon corps, ce doux démon par Jean Cocteau, Marcel Duchamp, Marcel Jouhandeau, Jacques Villon et Marise Querlin. Belle lettre adressée de New York le 2 janvier 1960 par Marcel Duchamp : "Cher Pierre. Merci de ton mot de souhaits. J'avais aussi reçu ton livre il y a un mois au moins et je voulais t'en parler tous les soirs. Donc je l'ai lu et t'assure de ma grande sympathie avec le ton général et l'écriture. Très belle exhibition de doubles Lolitos en parfait trompe l'oeil (pas le souvenir) [...]" (1 page in-8). Cocteau, le 19 juin 1960, avoue : "J'avais été un peu triste de ne pas me voir parmi tes auteurs favoris. Mais le coeur bat au-dessus de ces choses" (1 page in-4). Jouhandeau interroge l'auteur sur son identité ayant eu un élève portant le même nom : était-ce son frère ? "J'ai connu, dit-il, votre grand-mère et votre oncle Pancho" (lettre autographe signée, 2 pages in-8, 20 octobre 1959). Quant à Jacques Villon, il accuse réception des six exemplaires que Pierre-André Benoît lui a adressés se disant "enchanté" du livre (lettre autographe signée, sans date, ½ page in-8). Marise Querlin lui adresse une lettre enthousiaste. "Éblouie, enivrée, émue, troublée par son livre", elle lui fait remarquer drôlement : "Et tu m'as écrit que je me livrais impudiquement dans mes romans !" Exemplaire superbe.