Robert LEFEVRE.1755-1830.
Portrait de Joseph Bonaparte vers 1807 Huile sur toile 65 cm x 55 cm Notre portrait de Joseph Bonaparte (1768-1844), aîné des Bonaparte, roi de Naples puis d'Espagne, est une redécouverte majeure dans le corpus de Robert Lefèvre (1755-1830). Il est le tableau de pose pour le portrait signé et daté 1807, conservé dans la collection de Lord Rosebery à Dalmeny House à Edimbourg. Cette collection napoléonienne, une des plus importantes de ce genre en dehors de la France, réunie à la fin du XIX e siècle par Archibald Philip Primrose (1847-1929), 5ème comte de Rosebery, grand collectionneur d'œuvres d'art et d'objets en lien avec Napoléon, comprend également trois autres portraits de Robert Lefèvre, celui de Madame mère, de l'impératrice Joséphine et de l'impératrice Marie-Louise . Seuls les trois portraits féminins de Robert Lefèvre sont accrochés dans le salon, le portrait de Joseph étant sans doute en réserve. Notre tableau est le tableau de pose pour le portrait de Joseph Bonaparte peint par Robert Lefèvre en 1807 et conservé à Dalmeny House dans la collection de Lord Rosebery. Dans notre étude préparatoire, le peintre Robert Lefèvre révèle tous ses talents de portraitistes. La simplicité de la pose avec ce sourire légèrement esquissé et l'intensité du regard du frère aîné de Napoléon frappent le spectateur. Une certaine tempérance et intelligence émanent de cet homme de lettres, aimant la compagnie des écrivains et des artistes « se ménageant du temps pour les plaisirs et ne sachant renoncer à aucune bonne fortune, surtout féminine » . Roi de Naples depuis 1806, il se serait bien vu en monarque éclairé, ce que Napoléon abhorrait. Le modèle est élégamment vêtu d'un manteau vert, réveillé par un col blanc, sans aucun signe de pouvoir. Le visage est parfaitement ressemblant, rond avec un front légèrement dégagé. « Sa belle figure exprimait toutes les aimables qualités du cœur et de l'esprit » . Pendant tout son règne italien, Joseph multiplia effectivement les aventures féminines ne pouvant résister à l'amabilité des dames de Naples . Le portrait est brossé brillamment, la vie circule sous le masque. La finesse des coloris et l'expression en font une œuvre de grande qualité . Robert Lefèvre est reconnu sous l'Empire comme le peintre spécialiste de portraits officiels chamarrés et le plus souvent conventionnels. Cependant, le peintre n'était pas qu'un portraitiste à la mode. Il recherchait dans les visages la même ressemblance, la même précision . Il est vraisemblablement le peintre qui, de tous les portraitistes de l'époque de Napoléon, a saisi le plus fidèlement la ressemblance entre la copie et l'original. Dans notre étude préparatoire, l'artiste capte ainsi avec brio la personnalité de Joseph Bonaparte. Dans le portrait final de Joseph Bonaparte, signé et daté 1807, conservé dans la collection écossaise de Lord Rosebery, le peintre reprend la même posture et les traits du visage de l'étude préparatoire. Robert Lefèvre ajoute néanmoins pour le portrait officiel du frère aîné de l'empereur, membre du grand conseil de la Légion d'honneur, le cordon rouge et la plaque d'argent à cinq rayons doubles ornée en son centre de l'aigle impériale. Joseph Bonaparte apparait alors comme un homme détenteur de pouvoir. La postérité du portrait de Joseph Bonaparte La Miniature de Joseph Bonaparte par Sophie Liénard (1801-1875) conservée à la Fondation Napoléon et qui fait partie d'une collection de treize miniatures sur céramique réalisées vers 1840, reprend le même cadrage (le visage est inversé) et les mêmes symboles de pouvoir que l'on peut voir sur le portrait conservé à Dalmeny House. Il en est de même pour le portrait gravé de Joseph Bonaparte par Mauduison, vers 1850 (Éditeur : Furne, Paris).