Attribué à Pietro GOTTARDO GONZAGA (1751 - 1831)
Maquette pour un décor d'opéra Vers 1790 Plume et lavis d'encre brune Quatre feuilles de papier vergé découpées et étagées dans la profondeur, présentées dans un cadre du XVIIIème siècle 24,5 x 40 cm PIETRO GOTTARDO GONZAGA DANS LES COLLECTIONS PUBLIQUES ET PRIVÉES La dispersion des dessins de Gonzaga reflète bien le caractère international de sa carrière puis de son succès comme dessinateur auprès des collectionneurs. Le principal fond public des dessins de l'artiste est détenu par le Musée de l'Hermitage à Saint-Pétersbourg qui conserve vingt-huit œuvres de l'artiste. Parmi les autres institutions on compte notamment le Teatro alla Scala à Milan et des musées américains comme le MET de NEW-York ou l'Art Institute de Chicago. Le succès des dessins de Pietro Gottardo Gonzaga dans les ventes publiques des années 1990 et 2000 auprès de collectionneurs privés était également très important. NOTRE DESSIN Notre dessin est tout à fait caractéristique du style de Pietro di Gottardo Gonzaga, qui trouve à la fin du XVIIIème siècle son expression la plus aboutie. L'écriture très particulière, l'emploi d'encre brune à la plume et au lavis, le répertoire architectural néoclassique correspondent en tous points à la trentaine de ses projets de décors de ce type qui nous sont parvenus. Plus déterminant encore, l'agencement des éléments architecturaux et des sculptures, typiquement néoclassiques et largement inspirés de Piranèse sont une des caractéristiques des dessins de Gonzaga. Notre décor nous plonge dans une scène de cimetière antique. Il est délicat de déterminer de quel opéra il peut s'agir tant les oeuvres pour lesquelles G. Gonzaga a travaillé sont nombreuses. Notre dessin est le seul connu de Gonzaga pour qui la feuille du fond a été conservée en même temps que les feuilles secondaires. L'indication de numérotation en haut à gauche est certainement une indication de montage ; on trouve une marque comparable sur un dessin de l'artiste passé aux enchères (Sotheby's, New-York, 29 janvier 2020, lot 121). UNE IMMENSE CARRIERE Gonzaga se forme auprès d'Antonio Galli da Bibiena avec qui il travaille à la reconstruction et à la décoration du théâtre Onigo de Trévise en 1767. L'étude de la perspective, l'influence de l'œuvre de Canaletto, l'observation des maîtres de la couleur comme Véronèse, et la fortune croissante que rencontre la vision scénographique en perspective angulaire du graveur vénitien G.B. Piranesi s'avèrent décisives dans la formation de Gonzaga. En 1772, il quitte la Sérénissime pour se rendre à Milan et travailler comme décorateur auprès des frères Galliari, alors au sommet de leur gloire en tant que scénographes. De ce dernier apprentissage dans l'atelier Galliari, Gonzaga acquiert grande rigueur architecturale , un goût prononcé pour le néoclassicisme et le rendu savant des perspectives. G. Collabore également avec Appiani à Milan Juvara à Turin. En 1778 Gonzaga participe à l'inauguration du nouveau théâtre à La Scala. Au printemps de l'année suivante, ses décors de scène sont applaudis à La Scala pour Le gelosie villane de G. Sarti e Il francese bizzarro de G. Astarita qui sanctionnent son rôle d' "inventeur et peintre des scènes" au teatro a la Scalla avec lequel il collabore jusqu'en 1792. En 1782 notre artiste entame une collaboration avec le théâtre de la cour à Parme où il prépare les scènes pour Il pittore parigano de Cimarosa puis pour d'autres créations. Dans les années 1780 Pietro Gonzaga fut aussi au théâtre Ducal de Monza, au théâtre ducal de Mantoue (L'Alessandro nelle Indie de L. Cherubini, 1784), au nouveau théâtre public de Crema ; en 1788 il réalisa quelques décorations, avec les frères Baratta, pour le théâtre de S. Agostino à Gênes et l'année suivante il travailla à Florence pour l'inauguration du théâtre de la Pergola. Le succès et la renommée du Gonzaga sont immenses, et connus jusqu'en Russie. Le prince Youssoupov, devenu en 1791 directeur général des théâtres impériaux propose à G. un contrat de "peintre en chef avec autorité tous sur les autres peintres" que le décorateur italien signa le 13 juin 1792. Parti à Pétersbourg au début de cette année avec sa femme Carlotta Vanini, Gonzaga y passe la fin de sa vie, travaillant sans relâche pour Catherine II et son successeur.