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Collections VII / Lot 0
Lot 0

Georges Charles COMNÈNE (1897-1986)

Adjugé
1 500 €
Estimation : 2 000 – 3 000 €
Descriptif

Portrait allégorique de Marie-Laure de Noailles Huile sur toile 73 x 60 cm. Exposition :
- Salon d'Art Moderne - Grand Prix de Paris (Médaille d'Or) selon étiquette au verso Provenances :
- Collection Marcus, le Vésinet Collection particulière suisse Notre portrait est un témoignage intéressant et éloquent de l'importance que revêtait Marie Laure de Noailles pour la création contemporaine. Ici, plus que les traits, c'est la composition qui nous apprend à découvrir le sujet. Notons toutefois en passant que le peintre a choisi de représenter la vicomtesse blonde, comme un clin d'oeil à un très célèbre cliché de Man Ray ou notre modèle semble comme auréolée. Revenons à notre toile. Le peintre a divisé l'espace en deux espaces distincts et opposés. A gauche impressionne la pompe et le faste des demeures aristocratiques, apanage des grandes familles parmi lesquelles comptent évidemment les Noailles et les Bischoffsheim. La grande galerie, le dais, rappellent l'ascendance et le mariage de Marie-Laure de Noailles, son appartenance à l'aristocratie, et évoque l'hôtel particulier de la place des Etats-Unis. À droite, c'est la création contemporaine, la modernité, les gouts et le mécénat de Marie-Laure de Noailles qui sont incarnés par plusieurs toiles de maîtres. Sur un mur qui évoque ceux de la villa de Hyères parcheminés par Jean-Michel Franck, sont en effet accrochés plusieurs oeuvres, des grands maîtres et amis de Marie-Laure de Noailles : Dali et Picasso principalement. - Le portrait en bas à gauche évoque lui l'oeuvre de Marie Laurencin que Marie-Laure de Noailles fréquenta à l'atelier Desjobert où elles pratiquèrent toutes les deux la gravure. Le trait d'union entre ces deux univers, entre les ors de l'Ancien-Régime et la création la plus contemporaine, c'est évidemment Marie-Laure de Noailles, habillée d'une somptueuse robe de bal, parée de bijoux, la tête, port altier, résolument tournée vers l'avenir. On distingue plusieurs toiles, citations d'oeuvres célèbres de ces peintres ou compositions réinventées par notre portraitiste à partir des du répertoire de chaque artiste, notamment: - En haut à gauche du mur, l'autoportrait à la tranche de bacon de Dali. Le surréaliste espagnol avait réalisé lui aussi un portrait de Marie-Laure de Noailles - En bas, posé au sol et tronqué, on Deux femmes courant sur la plage, une oeuvre phare de Picasso. Une nature morte aux violons, un portrait, une tête au tiroir et un oeil sur un entrejambe complètent le panel des oeuvres de Picasso et Dali. MARIE-LAURE DE NOAILLES Marie-Laure de Noailles (1902-1970) est une figure emblématique de la société française des années folles. Mécène audacieuse, elle soutient les artistes avant-gardistes et devient, avec son mari Charles de Noailles, une figure centrale du monde artistique parisien. Modèle d'élégance et de liberté, elle incarne la femme moderne dans une époque de profondes transformations sociales. Sa passion pour l'innovation se traduit par ses collections, sa participation à des films expérimentaux, ses liens étroits avec de nombreux créateurs et sa propre pratique artistique. Elle reste une figure marquante de la culture française du XXe siècle, ayant soutenu des artistes tels que Francis Poulenc, Man Ray, Luis Buñuel, les frères Giacometti ou encore Jacques Lacan. GEORGES-CHARLES COMNÈNE : ARTISTE DOUÉ ET CHARLATAN Né à Alexandrie en 1897, Georges-Charles Comnène se fit passer pour le petit-fils de don Carlos VII et prit divers titres prestigieux, signant ses toiles « Charles Louis de Bourbon, Duc de Santiago de Compostelle ». Il revendiqua successivement les trônes d'Espagne et de France, se faisant appeler Charles XII, sans aucun succès, et mourut en 1986. Peintre talentueux et bohème, il voyagea dans le monde entier, entouré d'une petite cour à qui il distribuait des titres imaginaires. S'il peignait des paysages et portraits d'un style personnel, ses impostures entachèrent sa carrière. En 1964, Bernard Buffet et Maurice Utrillo l'assignèrent pour contrefaçon, et il fut condamné comme faussaire.