École vénitienne ou française, d'après PIETRO LONGHI (1701-1785)
Il Risveglio della dama Huile sur toile 42,5 x 33,5 cm OEuvre en rapport: - Pietro Longhi, I risveglio della dama, huile sur toile, 60,2 x 48.9 cm., collection privée, localisation actuelle inconnue, vente Christie's New York, 14 octobre 2021, lot 51, vendu 100.000 $. - Charles-Joseph Flipart (1721-1797), Le lever, gravure, 45 x 34,6 cm. Londres, Bristish Museum, inv. 1951,0714.141 Cette représentation colorée de la vie de la haute société vénitienne comprend tous les éléments qui confèrent aux œuvres de Pietro Longhi leur attrait durable : un cadre élégant, une touche d'humour et, surtout, un sujet suggestif et légèrement osé. Jusqu'à la dernière décennie, Il risveglio della dama n'était connu que par une gravure en sens inverse de Charles-Joseph Flipart, réalisée vers 1747-1748. Un certain nombre de copies inversées étaient recensées, dont l'une, réalisée par le soi-disant Maestro dei Riflessi, se trouve aujourd'hui au Nelson-Atkins Museum de Kansas City, et l'autre dans la collection Salom, Segromigno Monte, en format horizontal (T. Pignatti, Pietro Longhi, Venise, 1968, figs. 473 et 478). Notre tableau s'ajoute donc à cette liste. De nombreux dessins préparatoires de Longhi subsistent aujourd'hui, dont trois pour les figures finalement réalisées ici. Le gentilhomme assis de Longhi (fig. 1 ; Museo Correr, Venise, inv. no. 563) témoigne de l'expérimentation de l'artiste, qui a dessiné le gentilhomme à la fois avec et sans son journal, et qui a manifestement déterminé que l'inclusion de ce dernier suggérerait de manière plus précise la capacité de la femme à le distraire de ses tâches ingrates. Deux autres dessins préparatoires, l'un pour les jambes et le drapé de la dame centrale et l'autre pour ses dames d'honneur, se trouvent également au Museo Correr de Venise (inv. nos 562 et 561 respectivement). Se levant de son lit au centre de la composition, une élégante jeune femme interpelle le spectateur avec coquetterie tandis que des domestiques l'aident à s'habiller et lui préparent un bain dans un bassin d'argent. L'ambiance de luxe et d'oisiveté est renforcée par la silhouette d'un gentilhomme, en robe de chambre de soie et pantoufles, qui se prélasse dans un fauteuil. Bien qu'il tienne le journal du matin à la main, son attention a manifestement été détournée par les oeillades de sa jolie compagne, qui, à son tour, est parfaitement consciente de son public. Ni l'un ni l'autre ne semble pressé de quitter le confort de la chambre pour le monde extérieur - la cape noire et la perruque du gentilhomme reposent sur leur support à l'arrière-plan et ses bas glissent paresseusement le long de ses jambes. Sur le mur au-dessus du lit, une petite grisaille d'un nu classique fait également allusion au pouvoir de la beauté féminine. La gravure de Flipart était accompagnée de ce poème : Sorta fior delle piume ancor ammira /La propria sposa il Cavalier gentile. Ma se la gloria un nuovo ardor gl'ispira /Di tal ozio arrossisce, ed hallo a vile. « S'élevant des plumes, il admire encore / Sa propre épouse, le doux chevalier, / Mais si la gloire lui inspire une nouvelle ardeur / D'une telle oisiveté, il rougit, et se sent vil. »