Henri MICHAUX. Nous deux encore. 1948. Paris, J. Lambert & Cie [Jacques-Olivier Fourcade], 1948.
In-12, demi-box noir, plats mosaïqués de quatre triangles de bois teinté noir avec rectangle de box rouge mosaïqué au centre, non rogné, tête dorée, couverture et dos conservés (Miguet). Édition originale publiée par le complice Jacques-Olivier Fourcade sous la fausse identité de J. Lambert & Cie. Tirage à 750 exemplaires sur vélin du Marais Crèvecœur, dont 100 hors commerce (n° 81). Tombeau de Marie-Louise, l’épouse d’Henri Michaux, morte en février 1948 des suites d’un accident domestique qui l’avait laissée atrocement brûlée. L’ouvrage a été tiré à un nombre restreint d’exemplaires, avant que son auteur, pris de remords devant ce qui lui parut subitement comme une confession inconvenante, tenta d’en racheter les exemplaires en circulation. “Un chant de mort et d’amour” (Jean-Pierre Martin). Émouvant envoi autographe signé sur le faux-titre : André Gide, Pour vous faire vous ressouvenir quelques instants de celle qui vous admirait tellement. Amical hommage de H Michaux André Gide est l’auteur de Découvrons Henri Michaux, texte fondateur publié en juillet 1941, chez Gallimard, dans lequel il se proposait de mettre en lumière le poète, encore peu connu du public. Ce texte est celui d’une conférence qu’il devait présenter à Nice, le 21 mai 1941, mais que la légion française des anciens combattants l’empêcha de prononcer. En 1995, dans un article intitulé Gide lecteur de Michaux, Jean-Pierre Martin observait qu’on ne connaît que deux lettres adressées par Henri Michaux à André Gide. La seconde, datant de la fin de l’année 1947, est une carte adressée en réponse à un mot de condoléances de Gide, à l’occasion du décès de Marie-Louise. Exemplaire parfait. De la collection Bernard Loliée, avec ex-libris (2019, n° 47). (Imbert, nº 149.- BnF, Henri Michaux, 1999, nº 102 : “Ce texte écrit pour quelques amis, sous un nom d’emprunt, intrigua les bibliophiles qui s’interrogèrent longtemps sur l’identité du mystérieux éditeur. La volonté d’anonymat de Michaux ne fut transgressée qu’à sa mort. La plaquette fit alors l’objet de plusieurs éditions pirates.”)