Jeannine DUMAS d’HAUTERIVE. Environ 130 lettres autographes signées à Émile de la Charlotterie. 1872-1906. Environ 300 pp. in-16, in-12 et in-8, enveloppes.
Ernest d’HAUTERIVE. Environ 75 lettres autographes signées à Émile de la Charlotterie. 1889-1909. Environ 220 pp. in 12 et in-8 Commencée dès son enfance, cette correspondance se poursuit activement pendant près de trente ans. Familière et affectueuse, elle montre l’importance de la présence du filleul de Dumas fils dans la vie familiale et le rôle qu’il y joua. Jeannine, reprenant à son compte la manière de Dumas Fils, n’appelle Émile que « mon cher Bébé », « mon cher fils », « mon fils chéri », « mon vieux fils », « mon vieil enfant », etc. Elle signe elle-même « ta mère » « ta petite maman », plus tard « Jeannot ». - Portrait photographique, format cabinet (Cliché Gasc, Dieppe) avec cette touchante dédicace à Émile de La Charlotterie « À mon fils chéri sa petite mère Jeannine ». Jeannine : - 2 juin 1872 : « Mon cher Emile je t’aime bien je pense bien à toi et j’embrasse bien ta petite maman. » – s.d. : « Je vous remercie bien des jolis joujoux que vous m’avez envoyés, vous avez eu très bon goût… Colette est toujours folle, elle est en train de se baigner au bout d’une corde. Moi je veux aller monter à âne. Je galope très bien. » – 9 juillet 1877 : « maman t’envoie tous ses bons souvenirs et Colette t’envoie un léger coup de pied. » – 20 juillet 1877 : « Je n’ai que le temps de t’embrasser 890367341261341/0890 de fois. » – 24 juin 1878 : « Quand tu iras chez nous a-de-v tu auras la bonté de voir s’il y a 4 exemplaires de Manon Lescaut arrivés de Londres… » – 11 septembre 1879 : « Que je t’y prenne horreur à aller au théâtre avec une dame du meilleur monde je le sais j’ai ma police moi et qui est bien faite… Nous n’avons pas de nouvelle ni de papa ni des Flahaut ce qui fait que nous ne savons pas ce qu’iLS deviennent. » – 14 novembre 1882, Chatillon-sur-Loing : « Ici les grandes distractions pour les messieurs c’est la chasse mais pour les dames c’est de recevoir ces messieurs. Jeudi il doit y avoir une battue avec le Maréchal Mac-Mahon ou le président. Et bien tu verras que je ne serai pas plus fière en revenant dans la capitale. » – 14 août 1888 : « Maman vient de me dire que Mr E. de la ‘Cochonnerie’ (sic) arrivait samedi. Ne sois pas offensé car cela vient bien involontairement chez elle tu sais… tu es toujours mon fils unique. Ne pas dire mon fils eunuque. » – 24 décembre 1888 : « pour en revenir à Colette tu peux je pense te mettre facilement dans la tête qu’elle ment toujours… À moi personnellement elle en a fait de toutes les couleurs… Une seule fois j’ai été contre elle – c’est dans son divorce que je trouvais une stupidité… Le seul qu’elle n’a pas lâché est papa parce qu’il était le plus fort. Et que la galette lui tient au cœur… J’ai le bonheur d’avoir un mari parfait et une famille de mon mari parfaitement bonne. – 29 juillet 1891 : « Il paraît que papa a été très étonné que je vienne au Puys… papa ne devant pas venir au Puys cet été il était plus naturel pour moi de venir chez des amis de 20 ans, irréprochables, que de m’installer seule dans un hôtel quelconque… Enfin il paraît que tout ce que je fais est mal même ce qui semble si naturel à nous et à tout le monde ! Il paraît aussi que tous ceux qui osent parler en ma faveur obtiennent immédiatement une brouille… » – 13 mars 1892 : « Voyant dans les journaux que Papa vendait l’ave de Villiers je voudrais que tu sois assez gentil de veiller à ce que le salon chinois qui a été donné par Basire ne soit pas vendu aussi. Papa ne fera pas grande attention à cela probablement et il serait naturel que les panneaux soient vendus avec l’hôtel… Je n’ai pas besoin de te dire combien j’ai de chagrin de ne pouvoir même pas écrire à papa… » – 15 mars 1892 : « Tu dois savoir par papa notre bonne réconciliation. Mais je veux te dire moi-même combien je suis heureuse et Ernest aussi. Tu as été pendant toute cette triste année si bon, si franc à propos de cette triste affaire que je tiens à ce que tu sois sûr de notre reconnaissance… » – 25 juin 1895 : « Nous avons tous le cœur gros n’est-ce pas. Et je crois que c’est le moment de serrer les rangs. Et de se dire qu’on s’aime bien. » – 5 février 1896 : « Il n’y aura pas de 2è vente et je fais la liste de ce que je reprends, ces dames itou c’est pourquoi en dehors des objets redemandés par elles tu vas voir ce que tu veux de plus et je le rajoute dans ma tête et sur mon papier pour en compléter ma liste… Tu sais que c’est Lolotte qui a Puys. J’espère qu’elle en est satisfaite. » – 23 avril 1896 : « Je viens te demander un service. Veux-tu être assez gentil pour aller chez monsieur Sardou à ma place et lui donner la réponse qu’il attend et qui est malheureusement ce qu’elle doit être, c’est-à-dire Non… ». Elle lui demande d’exprimer à « Monsieur Sardou combien j’ai été touchée et combien je suis reconnaissante de tout ce qu’il veut faire pour la mémoire et la gloire de papa… » – 20 août 1896 : « Si tu vas au Puys tu diras à mon aimable famille que je suis en vie. Qu’elle ne le regrette pas trop elle n’hérite pas !!! » – Octobre 1896 : « j’ai peut-être une idée pas mauvaise. C’est de faire faire un côté de l’Éventail… représentant ma scène des billets de banque. Peinte par Mme Maximilienne Guyon… Et l’autre côté – fleurs camélias – par Madame Lemaire ? Je pense que ni l’une ni l’autre ne pourra s’offenser d’ailleurs il sera facile de dire que Sarah a envie de quelque chose des 2 artistes… Ça me coûtera un billet de 1000 de plus mais je m’en fous… car comme toi je veux que cela soit très bien… Peux-tu m’avoir le chiffre de Sarah ? – 20 septembre 1897 : « Le mariage de Colette ne me comble vraiment pas de joie !!! J’ai pensé que tu aurais une demande pour être témoin. Ernest a refusé cet honneur… » – Novembre 1903 : « Je voudrais bien savoir la décision de Réjane ? non seulement par désir mais par nécessité veux-tu la voir et lui demander… c’est utile pour nos affaires… j’aimerais tant que cette grande artiste compte un triomphe de plus avec une pièce de papa – et surtout celle-là qui est la mienne… » – Octobre 1904. Jeannine n’a jamais de place à la Comédie-Française même pour les pièces de son père. « ce n’est pas une raison parce que je suis discrète pour n’être jamais servie – 19 juin 1905 : « Jac paraît sensible au silence de Colette – je l’admire ton épouse avec ses sensations de jeunesse ! Moi je suis devenue plus placide que « feu Placide lui-même… Sais-tu le surnom de la pauvre Aubernon : La Tour de mamelles, c’est y joli ! » Ernest : - 20 juillet 1891 : « Mr Dumas est encore buté. Attendons un jour ou l’autre il finira bien par voir que nous l’aimons… il se méfie de nous en ce moment parce qu’une femme, qui a tout intérêt à la brouille avec tout le monde… lui a monté la tête contre nous. Il n’est pas difficile de voir le jeu de Mme Escalier… Jusqu’ici elle réussit bien… Jusqu’à quand ? Je souhaite que ce soit le moins longtemps possible et je le souhaite plus encore pour Mr Dumas que pour nous… Je souffre beaucoup de voir un homme comme lui… en arriver là. » – 9 juin 1893 : « Je viens vous demander si vous ne voudriez pas passer un de ces jours par la librairie Lemerre et tacher de savoir le nom de cet intéressant personnage qui signe tantôt Lippmann, tantôt Janine… » – 27 novembre 1894 : « Jeannine arrive enfin ce soir. La maladie de sa mère a retardé son départ. J’ai même cru que cette fois la pauvre Nadine allait y rester. Le tempérament de cette femme est extraordinaire. » – 8 avril 1895 : « Vous aurez su les détails de notre entrevue avec Mr Dumas. J’espère que cette fois-ci la réconciliation durera. De notre côté nous sommes décidés à tout faire pour cela et nous le prouvons bien par nos concessions que nous n’aurions faites du vivant de Madame Dumas… Jeannine a écrit aujourd’hui à Mme E. » – 24 avril 1895 : « Je crois qu’au fond il a été très heureux de cette réconciliation, parce qu’il sent que Jeannine est encore à peu près ce qui lui reste de meilleur. » – 22 décembre 1895 : « Ce que vous me dites de la santé de Mr Dumas me fait plaisir… Croyez-vous que cette solitude soit bonne pour lui ? N’avez-vous pas remarqué que lorsqu’on cause avec lui depuis un moment sa physionomie perd un peu son expression triste… » – 22 décembre 1895 : « Avez-vous songé à demander à Claretie un bout de préface pour le catalogue de la vente ? Il paraît qu’on va se mettre à ce catalogue… Avez-vous revu Colette ? Elle le fait à la dignité et ne nous écrit plus. » – 23 mars 1896 : Sur l’avenir de La Route de Thèbes, Hauterive rappelle la phrase du testament de Dumas : « On ne publiera ni lettres ni rien d’inédit de moi ». – 24 mai 1896 : « J’apprends par le Journal qu’Hamlet passera mardi au Français. Il me semble que vous m’avez dit au moment des Danicheff que Mr Dumas n’envoyait pas de fleurs pour ces reprises. Si cependant je me trompe, je vous ouvre un crédit illimité pour faire ce que vous jugerez convenable – 2 mai 1898 : « J’ai pensé à ce que vous m’avez dit au sujet de « Monsieur Alphonse » mais, bien que Porel ne doive pas la reprendre, aucun de nous quatre n’est d’avis de donner la pièce au Théâtre français où elle ira s’immobiliser au milieu de toutes celles qui dorment déjà. » – 10 octobre 1900 : « Merci bien de m’avoir envoyé la lettre de Mme Samary. Je lui ai répondu que je regrettais vivement de ne pas pouvoir lui être agréable. » – 12 mars 1901 : « Clairin me demande ce que sont devenus deux dessins rehaussés de pastel représentant A. Dumas Père et A. Dumas Fils, et signés Romain Cazes… Ne seraient-ils pas à Marly ?... On me demandait aussi ce qu’est devenu un tableau de Manet qu’avait Mr Dumas ‘une tête d’homme’ ! Je n’en ai aucun souvenir. »