Alexandre DUMAS Fils. 7 lettres autographes signées à Paul Bourget. [1886-1895]. 33 pp. in-8.
– 1886. Il le félicite pour son livre Un crime d’amour, « excellent comme développement et comme logique… Vous êtes dans le fond des choses de l’adultère… Le féminin est tellement méprisable et en même temps dangereux dans son être intime, qu’il n’y a qu’un moyen de le rendre inoffensif, c’est de le respecter dans sa forme tangible… » – [1894]. Sur Outremer. « … Je connais maintenant mon Amérique comme si j’y étais allé. J’ai lu bien des livres la concernant quand j’ai fait l’Étrangère… aucun ne m’a donné la sensation de cette civilisation particulière comme le vôtre. Le féminisme y est saisi et rendu parfaitement… Je n’avais aucune envie de voir ces gens là de près… je l’ai encore moins même… » – Il lui conseille le livre de d’Arpentigny sur la chirognomonie. « Quand vous vous y mettrez cela vous renseignera sur le plus ou moins d’importance que vous devez accorder à vos relations. J’ai étudié sur mes propres mains et j’ai reconnu la vérité de tous ces signes, seulement il y faut beaucoup d’attention parce qu’il y a des lignes qui se contredisent… Je n’ai aucune crainte, aucune préoccupation même de la mort et nul souci de l’au-delà… » - Sur l’élection de Bourget à l’Académie en 1894 dont il le félicite : « … il s’en est fallu d’une voix que vous ne passiez pas. Et quelques-uns de ceux qui vous aiment le plus avaient l’air de combattre contre vous. Quand vous serez du dedans vous verrez ainsi bien des contradictions apparentes… » – [juin 1895] – Avant la réception de Bourget qui aura lieu le 13 juin : « Je vous aime pour des raisons intellectuelles et morales. Le jour où vous m’avez vu de si méchante humeur, c’est contre moi que j’étais irrité… j’étais pris par mon engagement envers un candidat pareil aux autres. J’avais l’occasion la plus banale de vous donner la preuve facile de mon affection pour votre personne et de mon admiration pour votre talent… » – [Fin juin 1895]. « Quand vous recevrez cette lettre, il y aura une Madame Alexandre Dumas que vous connaissez depuis longtemps, qui vous a lu d’un bout à l’autre et qui trouve que vous et moi avons toujours raison… C’est d’ailleurs une femme qui serait comparable à votre femme si quelqu’un pouvait lui être comparée.