Alexandre DUMAS Fils et sa famille. Correspondance croisée avec le comte Joseph PRIMOLI. 1872-1881 et s.d.
Jospeh Primoli descendait par sa mère – du fait de mariages croisés – de Joseph et de Lucien Bonaparte, frères de l’Empereur. Il avait fait toutes ses études en France où sa famille s’était installée en 1853 et où elle resta jusqu’en 1870. Dumas Fils lui voua une affection paternelle, et Primoli ne cessa d’entretenir des relations intimes avec l’ensemble de la famille. - Alexandre DUMAS Fils. Portrait photographique. Format cabinet portant cette dédicace : « À Joseph Primoli, son ami, A. Dumas Fils ». - Joseph PRIMOLI. 4 lettres autographes signées à Alexandre Dumas Fils. 29 pp. in-8. 20 décembre 1872 – Après une soirée passée avec Dumas. « Vous avez dû me trouver bien niais de ne point trouver une parole pour vous exprimer tout ce que mon cœur renfermait de respect, de tendresse et de reconnaissance ». De retour à Rome il est pris par « l’indicible tristesse d’être éloigné de ce cher Paris qu’on admire malgré ses ruines comme on l’aime malgré ses fautes… Pour être retenu par un fil vivant à la France j’avais eu l’idée de me faire attacher à un journal français… exciter un peu en moi cet esprit d’émulation sans lequel on finit par ne rien faire et qui à Rome me manque complètement… Comme à Paris on va à l’opéra italien, à Rome on va à la Comédie française. Nous avons en ce moment une sympathique actrice Mme Esquier Samary nièce des Brohan qui a joué la Dame aux Camélias, l’Ami des femmes (première version) et la Pcesse Georges. Inutile de vous dire que ces pièces ont eu un grand succès… » – 11 janvier 1874. Il lui fait passer des friandises. « Je me souviens que Mlle Colette aime surtout le saucisson à l’ail, mais je n’ai pas osé lui en envoyer cette fois, par crainte d’empester la valise… Il faut que vous veniez, nous vous attendons. » Il aimerait se sortir de son oisiveté. « à Paris du moins on suit le courant qui entraîne, ailleurs il n’y a que le tourbillon qui engloutit. » – s.d. Son père sera à Paris tout le mois de septembre. « Je vous le recommande car il est habitué à vivre au milieu de nous et je crains qu’il ne sente bientôt son isolement. Envoyez-lui des billets de spectacle, si vous en avez sous la main, c’est ce que vous pourrez lui faire de plus agréable. » – 17 novembre 1874. « Pourquoi je vous envoie si rarement mes lettres ? c’est que je vous écris trop souvent… ma lettre devient d’une longueur interminable… je trouve plus simple de la déchirer. » « Dieu ne m’a donné ni l’ambition qui arrive, ni l’énergie qui se maintient ; aussi je crains fort de n’être jamais le bras d’acier dont vous me tracez le rôle. » Long développement sur ce qui fait un bon diplomate dont l’idéal n’est-il pas celui du coquin ? « Vous me recommandez avant tout de ne pas être amoureux… Malgré tout mon désir, je ne puis être amoureux. Je ne sais si c’est parce que, vivant continuellement avec vous par la pensée et la lecture, je suis trop profondément imprégné de vos doctrines et que j’ai laissé la raison envahir le cœur…. Parfois, je me demande tout bas… N’aurais-je pas de cœur ? Mais je le sens, il vient en palpitant me donner un démenti ; il bat quand j’embrasse ma mère, quand je me trouve auprès d’une jolie femme ou quand je reçois une lettre de vous… » - Alexandre DUMAS Fils. 4 télégrammes et un billet (3 lignes) signé au comte Primoli. - Joseph PRIMOLI à Émile de la Charlotterie (filleul de Dumas Fils). 2 pp. in-8, 4 pp. in-12. - s.d. Sur une polémique qu’il ne s’explique pas. « Alexandre Dumas était le meilleur des hommes comme il en était le plus spirituel et tous ceux qui le connaissaient bien lui étaient tendrement attachés. » - Nadine DUMAS. 11 lettres autographe signées et une carte de visite au comte Primoli. 1880-1881 et s.d. - [1880], 36 pp. in-8. « Vous êtes tellement notre ami que je ne veux laisser à personne le plaisir de vous annoncer le mariage de Colette… Colette dit que si vous ne veniez pas elle ira jusqu’à Rome pour vous présenter son mari. » – 24 mai [1880]. La tapisserie arrive… La princesse Mathilde nous promet sa visite au Puys, faites en autant. » – 28 juillet. Chaque bateau qui passe nous fait espérer que vous êtes parmi les passagers… faut-il que vous restiez encore dans cette situation de deuil et de désespérance. » – 26 février [1881]. J’ai vu la princesse Mathilde hier. Nous avons causé longuement de vous. Je lui ai dit que vous aviez eu la délicatesse de ne point nous parler du sifflet de la Princ. de Bagdad… » – [Janvier 1881]. Elle a attendu pour lui écrire d’avoir une « nouvelle positive de la tapisserie ». – s.d. « Monsieur Dumas est tellement dans le feu du travail que c’est moi qui suis chargée de vous écrire et de vous prier de traduire et d’envoyer à Mr Dumas tout ce qui a rapport dans le livre dont vous lui parlez aux indulgences… » – 29 septembre. « Vous êtes tout à fait aimable de vous intéresser aux malades de Montreux… Quant au retour il n’y a que la plume de Monsieur Dumas qui pourra nous le dire, le départ dépend d’elle, au mot fin. – s.d. sur papier à en-tête « Jeannine ». Elle a profité d’une visite d’ami pour lui « envoyer une masse d’amitiés et de tendresses de toute la famille. Monsieur Dumas étant absent j’ai été ravie de lui voler son droit de causer un peu avec vous… » - Jeannine DUMAS à Joseph Primoli surnommé Coche puis Gégé. 27 lettres autographes signées « Cocoche » puis Jeannine, [s.d.-1903]. 59 pp. in-8., 15 pp. in-12. - « Tout ce que vous me dites des gens de la terre de feu me décide à aller les voir dès mon retour à Paris. » – s.d. « Si vous n’avez pas d’invitation des Protais pour aller chez eux après le mariage religieux c’est qu’ils n’en avaient plus. Je suis donc chargée de… vous prier de ne pas manquer au festin… » – Puys ? 24 juillet. Ils attendent sa venue « avec l’espoir de ne pas attendre longtemps… Mon jeune neveu même se plaint de ne pas vous connaître. » – « Depuis 10 jours Colette est dans un tel état qu’elle est couchée sur la dalle à moitié nue, la chair en lambeaux. Elle rage, elle crie, elle jure, elle écume… et tout cela savez-vous pourquoi criminel être barbare, savez-vous pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas reçu de lettre de vous… Votre pauvre Cocoche noyée dans ses larmes… » – Sur papier avec une tête de bouledogue. – s.d. « Quels troubles chez vous ? Est-ce bien vrai ? Je connais une jeune fille qui voulait y aller et qui n’ose pas… Nous sommes à Royat papa et moi avec les Flahaut. Maman est restée près de mon neveu et de la jeune mère. » Dans les lettres que l’on peut dater de la maturité de Jeannine, il est beaucoup question de la Princesse Mathilde, tante de Primoli et marraine de Jeannine : s.d. : « J’ai été heureuse d’embrasser ma marraine que je veux vous en remercier. J’ai été aussi très touchée que S.A. la princesse Clotilde permette que j’entre dans sa chambre en sa présence. » – « Demain j’irai voir la princesse. Elle a tant de chagrin de ne pas vous voir ! Quelle bonne et charmante femme. » – s.d. : « J’espère que le retour du prince Louis va la distraire un peu car en effet je ne la trouve pas gaie. Et malgré tous ses efforts on devine sa peine. » – s.d. : Papa a été voir la princesse qui n’était pas encore bien. Elle était plus inquiète de son état que de l’expulsion des princes… Vous savez que la princesse n’était pas contente de vous. Elle trouve qu’il faut venir à Paris prendre un appartement et une femme. » – « Je garde un tel souvenir de ce que vous avez été pour mon pauvre papa et pour nous que je voudrais au moins que pour les soins de ma marraine vous comptiez sur moi – pour tous – je suis à ses ordres, à votre disposition nuit et jour. Et jamais je ne pourrai faire tout ce que je voudrais pour prouver à la chère princesse mon affection et ma reconnaissance. » - Joeph PRIMOLI à Jeannine. Carte postale 30 décembre 1921. - Joseph PRIMOLI. Rome 29 juin 1881 à sa « chère tante Cocoche (Jeannine Dumas). Il a appris par Le Figaro les démonstrations de Rome « où je ne suis réveillé que par le bruit des sérénades – qui ne me sont pas adressées. » - Colette DUMAS au comte Primoli. 10 lettres, s.d. 22 pp. in-12 et in-81 enveloppe. - s.d. Jolie lettre de remerciements pour avoir tant gâté ses amis éloignés « avec d’aussi jolies choses ». – s.d. Elle le félicite d’aller faire un petit voyage. « Mon regret est de n’être pas des vôtres. J’adore les voyages et j’attends avec impatience d’être tout à fait vieille fille pour partir tous les ans en faire un… Papa travaille mais il n’en parle pas. » – Charade : « Mon premier pue. Mon second pue. Mon tout pue. » – « Demain à cause de l’arrivée de votre Roi je n’irai encore pas voir votre tante. J’ai reçu il y a huit jours une dépêche de la Duse demandant à reprendre les pourparlers avec Max. Je les ai mis en rapport. » « Je suis bien heureuse que Sa Majesté se soit un moment souvenue de moi. est-il besoin de vous dire que les prières les plus tendres seront employées à décider mon père à entreprendre un voyage qui me donnerait tant de joie. » Joint : - Une carte de visite du comte Primoli avec quelques mots au crayon - 3 enveloppes à son adresse - 3 feuilles de papier à lettres du comte Primoli avec sa photo en en-tête.