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LEDUCQ.
L'univers des Dumas, père & fils / Lot 121
Lot 121

Tête divine et Muse

Estimation
4 000 – 7 000 €
Descriptif

Henry CROS. Tête de cire. Dimensions totales 44 x 29 x 20 cm (dont socle 8 cm). Boite en verre : 60 x 36,5 x 26,5 cm). Cire (buste), et bois doré (socle). Traces de fines fissures, petit écrasement du nez. Conservée sous une boite de verre. Légendée, datée et signée au dos : « D’après la tête de Lille – H. Cros – 1869 ». La tête originale tête est arrivée à Lille en 1835, léguée au musée par le peintre Jean-Baptiste Wicar (1762-1834), actif à Rome où il l’avait certainement achetée, et qu’il avait datée « du temps de Raphaël ». Étrange, fascinante, troublante, incarnation de la beauté idéale, on ne sait comment qualifier l’impression qu’elle fait, encore aujourd’hui, sur ceux qui la contemplent, visiteurs et chercheurs qui tentent toujours en vain d’en proposer un auteur ou seulement de quand la dater. Parmi ses admirateurs les plus fervents au XIXe siècle, Alexandre Dumas Fils qui la qualifiait de « divine » et l’attribuait à Léonard de Vinci. Il demanda au jeune sculpteur Henry Cros (1840-1907) qui s’était acquis une réputation de « cirier » d’en réaliser pour lui une réplique « la plus exacte possible ». Cros passa un mois au musée de Lille, suscitant la curiosité et l’intérêt des conservateurs, gardiens et visiteurs, ainsi que ceux de la presse locale qui lui consacra quelques articles provoquant cette réflexion amusée de Cros : « ma gloire est immense ». Dumas Fils, heureux du résultat, installa la tête dans son cabinet de travail et quelques années plus tard il la désignait comme son « inspiratrice ». Cros, dont cette sculpture paracheva la réputation, ne réalisa pas une copie servile du modèle lillois : il adopta la cire pour l’ensemble du buste (tête et drapé), le bois doré pour le socle, alors que son modèle est en terre cuite pour le drapé et le socle. Si l’inclinaison de la tête est bien la même, l’expression du visage est légèrement différente, et la mélancolie qui s’en dégage appartient bien à Cros dont on connaît le goût pour le rêve et la poésie. Et cette sculpture confirme l’impression qu’il laissait à son entourage d’une « sorte de magicien ou d’alchimiste. » Bibliographie : Laurence Riviale. Joconde ou madone ? La Tête de cire de Lille, énigme de la collection Wicar. Fortune et réception. Clermont-Ferrand, PUBP, 2022. On joint : - [Henry CROS ?] – 2 croquis originaux à l’encre brune. « D’après la tête de Lille. H. Cros. 1869 ». 1 feuillet recto-verso, 250 x 198 mm, déchirures avec petits manques de papier. - A. MONGIN. Le Cabinet de travail d’Alexandre Dumas. Gravé par Van Elven. 280 x 220 mm. La tête posée sur un socle à la droite du bureau tourne son visage pensif vers l’écrivain.

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