JEAN-BAPTISTE OUDRY (1686 - 1755) et atelier - Lot 58

Lot 58
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JEAN-BAPTISTE OUDRY (1686 - 1755) et atelier - Lot 58
JEAN-BAPTISTE OUDRY (1686 - 1755) et atelier - Vue d'un château et de son parc, avec des figures pêchant et faisant du canotage - Vue de la ferme, avec des figures jouant avec une balançoire Huiles sur toiles, une paire 88 x 122 cm. , 90 x 124 cm. l'une signée et datée, en bas à droite : JB Oudry 1729 Au sein de l'œuvre d'Oudry, le paysage tient une place particulière. L'artiste pratique ce genre tout au long de sa vie et expose assidûment ses réalisations, suscitant en général des commentaires enthousiastes des contemporains. De 1738 à 1753, à chaque Salon, Oudry envoie un ou plusieurs paysages, dont les livrets précisent le lieu d'inspiration dans la plupart des cas (Arcueil, Saint-Germain en Laye, Poissy, Beauvais, le bois de Boulogne, etc.) et insistent sur le fait que les vues ont été peintes d'après nature. Oudry prend l'habitude de peindre ses tableaux d'après une observation directe dès ses jeunes années : l'abbé Louis Gougenot, son biographe, mentionne à ce titre les fréquents voyages de l'artiste à Dieppe au début des années 1720, afin d'assister aux retours de pêche et de les retranscrire fidèlement au sein de ses compositions, et ses escapades dans la forêt de Chantilly et au bois de Boulogne, afin d'étudier les plantes et les arbres. Cette propension permet de retracer les lieux de prédilection de l'artiste. En 1727 ou peu avant, Henri-Camille, marquis de Beringhen (1693-1770), un des mécènes d'Oudry, lui passa commande d'une série de six paysages pour son château d'Armainvillers (Seine-et-Marne). Tous sont de dimensions similaires et sont restés dans la collection du marquis tout au long de sa vie, avant d'être vendus lors de la liquidation de sa succession en 1770 (l'un d'eux vendu chez Christie's New-York, collection J.E. Safra, 24 mai 2023, lot 35). Pour cette série, Oudry a représenté des scènes quotidiennes de la vie rurale française dans le style pittoresque qui a fait sa renommée dans les années 1720. Fondées sur l'observation de la nature, ces compositions expressives et théâtrales s'appuient sur le talent unique et inventif de l'artiste, souvent exécutées dans une palette brillante. Comme l'a noté Hal Opperman (op. cit., 1983, p. 129), plutôt que de représenter fidèlement des lieux réels de la campagne parisienne, elles étaient destinées à évoquer ces paysages et n'étaient donc pas le fruit d'une pure fantaisie. En ce sens, elles constituaient une nouveauté dans la peinture paysagiste française, ce qui a conduit Opperman à se rallier à la déclaration de Jean Cailleux selon laquelle les paysages d'Oudry pour Beringhen devaient être considérés comme « les tout premiers « véritables » paysages du XVIIIe siècle » (ibid.). Nos deux paysages, dont l'un est daté 1729, se situent dans la lignée de la commande Beringhen mais innovent en ceci qu'ils semblent des "portraits de maison", peut-être destinés à rappeler, dans le décor d'une maison de ville, le domaine à la campagne de son propriétaire. Sources : H.N. Opperman, J.B. Oudry, cat.exp., Paris, 1982-1983.
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