Théodore Géricault (1791-1824), attribué à. - Lot 129

Lot 129
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Estimation :
8000 - 12000 EUR
Résultat : NC
Théodore Géricault (1791-1824), attribué à. - Lot 129
Théodore Géricault (1791-1824), attribué à. Bataille Héroïque ou La Bataille d'Eurymedon, d'après Salvator Rosa Huile sur Toile 37,5 x 46 cm, Provenance : - Probablement vente après décès de l'artiste 2 novembre 1824, partie du numéro 23 - Probablement collection de Mr. Jamar (ancien élève de Géricault) - Collection particulière française Bibliographie : - G. Bazin, Théodore Géricault, Paris, 1986, vol. II, p. 298, no. 330, no. 331, no. 332, no. 333 - C. Clément, Géricault Étude biographique et critique, Paris, 1879, no. 163. - L. Eitner, C. Clément, Géricault Supplément, Paris, 1973, p. 457 Géricault et la copie d'après les Maîtres En cette année 2024, bicentenaire de la mort de Théodore Géricault, le travail d'attribution n'a jamais été aussi compliqué et délicat tant celui-ci est complexe et il déchainait les passions de ses contemporains comme des nôtres. Peintre des chevaux par excellence, Géricault est dès sa mort un symbole du romantisme utilisé par ses amis, parmi lesquels Delacroix, Vernet ou bien Scheffer, en témoigne la diffusion de ses reliques tel son masque mortuaire dans leurs ateliers. Sa romance avec sa tante qui donnera un enfant, son amour pour les chevaux où encore son court engagement dans la compagnie des mousquetaire du roi durant les cent jours et la fuite de Louis XVIII, sont là autant d'éléments versant au romanesque. Si sa mort survient très tôt à l'âge de 32 ans, il laisse un héritage important et une large production, aujourd'hui encore mal connue. Ses toiles majoritairement non signées ont fait l'objet de copies, de réinterprétations et ce parfois par de grandes mains ce qui peut rendre délicat le tri entre le bon grain et l'ivraie. Seul compte alors la traçabilité, la connaissance de sa palette chromatique, de sa touche et de son dessin très particulier pour permettre de lui rendre au mieux ses travaux. Copiste émérite Géricault fait partie de ces artistes pour qui la copie tient lieu d'exercice et de réinterprétation. Son corpus de copies aujourd'hui mal connu est pourtant extrêmement large comme en témoigne le catalogue de sa vente après décès ou bien encore la liste qu'en dresse Charles Clément en 1868 dans son premier catalogue raisonné. Parmi les copies les plus célèbres nous pouvons citer l'extraordinaire tête de Cheval Blanc d'après Carle Vernet, conservée au Louvre et véritable « portrait » de cheval, ou bien les portraits équestres d'après Van Dyck du San Francisco Fine Art Museum. Le sujet de notre tableau copie la partie inférieure droite de la Bataille Héroïque de Salvator Rosa conservée au Louvre. Ce tableau inspiré par la bataille de L'Eurymédon (469 ou 466 av. J-C.) opposant l'armée grecque de Cimon, stratège grec à l'armée perses à l'embouchure de l'Eurymédon. Cette grande peinture se trouvait déjà dans la collection de Louis XIV. Charles Clément, premier catalogueur raisonné de Géricault indique au numéro 163 de son catalogue de 1868, « La Bataille, de Salvator Rosa, Musée du Louvre. Cette esquisse a été faite en une seule séance, elle a appartenu a Mr. Jamar. », notons que Alexis Louis Jamar (1800-1865) était toujours vivant dans les temps des premières recherches de Clément. Bien qu'il est probablement été dans une volonté d'inscrire son ancien maître dans la légende il fut une source inespérée pour Clément dont le récit paraît près de 44 ans après la mort de l'intéressé. Notre tableau au-delà de correspondre aux dimensions citées par Clément, correspond aussi à une esquisse brossée rapidement. Il se détache totalement de l'original de Salvator Rosa pour offrir une réinterprétation virtuose du cœur du combat où Géricault choisit bien sûr de se centrer sur la mêlée des chevaux. Recherché par plusieurs spécialistes comme Lorenz Eitner ou Germain Bazin, ce tableau nous était inconnu jusqu'à ce jour. Les différents candidats cités ou bien passés sur le marché de l'art jusqu'à aujourd'hui n'ont jamais rempli toutes les conditions, de dimensions et de descriptions. Il est fort probable pour un artiste sériel comme Géricault qu'il ait existé plusieurs copies d'un même tableau, interprétés de manières différentes, il peut donc se trouver dans les œuvres précitées des originaux qui ne sont tout simplement pas ceux de la collection Jamar. Il est à noter une peinture du même sujet passée en vente comme par Théodore Géricault le 21 novembre 1996 à Londres (20 700GBP), cette peinture assimilée à celle de Jamar mais de dimensions réellement éloignées (43.7 x 64.5 cm.) avait le bon sentiment de Lorenz Eitner mais avait été rejeté par Germain Bazin. Si la question de son attribution peut être débattue, celle de la provenance ne fait pas de doute.
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