Alexandre-Marie COLIN (1798-1875)

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Alexandre-Marie COLIN (1798-1875)
Alexandre-Marie COLIN (1798-1875) Portrait de Madame E. T… 1859 Signé et daté en bas à gauche : A. Colin. 1859 Huile sur toile Dimensions sans cadre 212 x 136 cm ; avec cadre : 241 x 167 cm Alexandre-Marie COLIN, un portraitiste romantique Il entre très jeune dans l'atelier d'Anne-Louis Girodet- Trioson, son caractère enjoué et ses grandes habiletés artistiques, lui permettent de tisser des amitiés avec ses camarades qui dureront toute sa vie durant. Parmi eux figurent de futurs grands noms de l'histoire de l'art tels que Delacroix, dont il sera très proche ou encore Géricault ou Bonington. Colin immortalisera d'ailleurs cette période de sa vie dans une gravure intitulée Girodet et ses élèves dans laquelle le maître apparait entouré de ses étudiants. Ses talents de lithographe le conduiront d'ailleurs à reproduire grand nombre d'oeuvres de ses contemporains, c'est lui par exemple qui se chargera de réaliser en gravure le Radeau de la Méduse de son ami Géricault. Mais en plus d'être un graveur doué, Alexandre-Marie Colin possède de sérieuses aptitudes dans la peinture, qu'il met au service du romantisme. Dès 1819, il débute au Salon et y expose 29 oeuvres jusqu'en 1868 ; il obtient une médaille de deuxième classe en 1824 et 1831, et une de première classe en 1840. Les oeuvres qu'il présente sont souvent des tableaux d'histoire ou des sujets représentatifs du mouvement romantique tirés de Shakespeare, Byron ou encore Hugo. Mais ses talents de portraitiste sont également reconnus, nommé en 1849 maître de dessin de l'École polytechnique, il réalise en 1863-1865 pour l'École des portraits en médaillon de Jacques-Élie Lamblardie, Gaspard Monge, Lazare Carnot, Claude-Antoine Prieur-Duvernois, Antoine-François Fourcroy, Joseph-Louis Lagrange et Claude Louis Berthollet, ainsi que de Napoléon Ier et de Napoléon III. Il immortalise également les grands noms de la Comédie Française dans une série de portraits dans lesquels il les représente en pied dans leur costume de scène. Ses voyages en Italie lui permettent d'intégrer les techniques des grands maîtres de la Renaissance qu'il se met à copier avec excellence. Ce talent exceptionnel est alors mis à contribution par l'État qui l'envoie réaliser les copies des plus célèbres tableaux d'Europe. Il laisse également un grand héritage artistique à travers sa famille, pour qui l'art est une évidence. Son fils, Paul Colin, sera ainsi un paysagiste distingué. Trois de ses gendres, Leloir, Noël, et Toudouze choisiront une carrière artistique. Mais trois de ses quatre filles également seront des artistes confirmées dans les domaines de la peinture et de l'illustration. La plus célèbre d'entre elles Adèle-Anaïs Toudouze née Colin sera l'une des premières illustratrices de mode. Le portrait de Madame E.T… Les dimensions de notre oeuvre et sa date de réalisation nous permettent d'identifier notre oeuvre comme étant le Portrait de Madame E. T… présenté au Salon par l'artiste en 1859. Dans ce portrait, la touche délicate du peintre transparait. Il place son modèle dans un décor bucolique qui nimbe l'oeuvre d'une aura romantique. La robe noire qui pourrait de prime abord rappeler un habit de deuil est plutôt là pour faire ressortir la carnation de porcelaine de la jeune femme et faire écho à sa chevelure noire de jais. En effet, s'il s'agissait d'une veuve au XIXème siècle, le décolleté de la robe serait nettement moins plongeant et les bijoux autres que noirs ne seraient pas autorisés. Dans ce portrait d'un grand raffinement, le peintre accorde un soin particulier aux détails. La dentelle du voile est minutieusement ajourée, le chatoiement de la robe en taffetas est savamment rendu et les bijoux semblent briller sur la toile. Mais le paroxysme de cette minutie du raffinement réside très certainement dans le choix de composition du peintre qui représente le geste discret et gracieux de la jeune femme qui ayant déjà retiré un gant s'apprête à ôter le second. À travers ce geste le peintre introduit tout d'abord le mouvement dans l'art du portrait, qui est en général statique. Mais en plus, il ajoute une sensualité pudique à son personnage, faisait de l'oeuvre un portrait psychologique. Cette iconographie sera par ailleurs reprise dix ans plus tard, en 1869 par Carolus-Duran dans le portrait de sa jeune épouse intitulé La femme au gant. Dans cette oeuvre, tout en gardant les codes de notre portrait d'apparat, le peintre introduit une grande modernité qui fera le succès de son oeuvre. Quelques oeuvres dans les collections publiques  Berlin, Alte Nationalgalerie : Marché aux poissons en France.  Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : Portrait de madame Adèle Fétis.  Baltimore, Museum of Art: Ossian.  La Nouvelle-Orléans, New Orleans Museum of Art : Othello et Desdémone.  New York, Dahesh Museum: Bashi-Bazouk.  San Francisco,
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