« Mille nuits de rêves », sixième !

« Mille nuits de rêves », sixième !

Commencée le 7 novembre 2019, la dispersion de la bibliothèque Geneviève et Jean-Paul Kahn, principalement dédiée au surréalisme et au dadaïsme, propose son 6e opus.
Quatre ventes en deux années étaient pré- vues, il en aura fallu deux supplémentaires pour céder la totalité de l’ensemble réuni par Jean-Paul Kahn (1931-2018), neveu d’un col- lectionneur napoléonien et d’une conserva- trice au Petit Palais, qui fit ses premiers achats à 17 ans, et dont la quête fut aussi passionnée que l’homme fut discret et affable. Biblio- philes et institutions – rappelons que la pre- mière vente enregistra neuf préemptions – sont venus honorer les choix du couple exi- geant que l’homme formait avec son épouse Geneviève. Gageons que les amateurs ne laisseront pas filer leur dernière chance dans quelques jours. Ils la tenteront sur un leporello de Joseph Cornell, composé de 19 photographies en bistre montées sur les gardes d’un livre (25 000/30 000 €, voir Gazette n° 36, page 26), une composition bio- morphique issue de la série des Gorgones d’Ithell Colquhoun (1906-1988), figure secrète et souvent occultée du surréalisme britannique (6 000/8 000 €), un recueil jusqu’alors inconnu de notes autographes et dactylographiées d’André Breton, prépara- toires à la première édition de l’Anthologie de l’humour noir (1935-1937, 3 000/4 000 €). Une correspondance d’Hans Bellmer avec Gisèle et Mario Prassinos de 1935 – où l’ar- tiste franco-allemand entre en relation avec les surréalistes après la publication des photo- graphies de La Poupée dans la revue Mino- taure (1 000/1 500 €) – dialogue avec une réu- nion de plus de 1 000 pages inédites de Pantagruel, le projet fleuve auquel Alfred Jarry a consacré le plus de temps (1897-1911, 15 000/20 000 €), une édition originale de Sur le champ d’Annie Le Brun illustrée de trois pointes-sèches de Toyen (Paris, 1967, 10 000/12 000 €). 5 000/6 000 € enfin seront à engager pour espérer décrocher un collage et encre sur papier (non titré, vers 1925) de Dédé Sunbeam, ayant fait partie de la collec- tion André Breton (voir photo). Météore du premier surréalisme, l’individu se cachant sous ce pseudonyme pittoresque demeure une énigme. Un homme, une femme ou un
«rayon de soleil» ?


VENDREDI 27 OCTOBRE, SALLE 7 – HÔTEL DROUOT. LEDUCQ MAISON DE VENTES AUX ENCHÈRES OVV. MM. LUIGGI, FORGEOT.
Dédé Sunbeam, collage et encre sur papier, non titré, vers 1925, 32 x 24,4 cm. Estimation : 5 000/6 000 €